Le lavement des pieds : une révélation de l’amour divin

Le lavement des pieds : une révélation de l’amour divin

Le Jeudi saint, l’Évangile de Jean (13, 1-15) nous propose un geste bouleversant : le lavement des pieds. Ce geste de Jésus est riche de sens. Il nous offre un puits spirituel d’où puiser selon notre soif. Trois significations essentielles se dégagent, chacune liée à l’autre, pour nous éclairer.

Jésus assainit notre manière de marcher

En premier lieu, Jésus lavant les pieds assainit notre « manière de marcher ». Sachant qu’est arrivée l’heure de retourner au Père et que le Père lui a tout remis entre les mains, il tient maintenant dans les mains les pieds de ses apôtres, nos pieds.
Dans les pieds se trouve le chemin de l’homme qui s’est éloigné de Dieu. Maintenant ils sont dans la main du Fils, qui est la même du Père, de laquelle personne ne peut nous enlever (cf. Jn 10, 28-30).
Ainsi, Jésus, en lavant nos pieds, nous rend capables de sortir avec lui de l’esclavage. Il nous permet de retourner, dans la liberté de fils, au Dieu duquel nous nous sommes enfuis.

lavement des pieds, signe d'amour de Dieu

Jésus révèle son identité divine par le service du lavement des pieds

En second lieu, avec le lavement des pieds, Jésus offre une icône visible de son identité divine. Ce geste révèle sa nature de Fils de Dieu, notre Maître et Sauveur.
Son geste jaillit de la pleine conscience de sa dignité divine. Il exprime de manière parfaite l’essence de Dieu : l’amour. Il révèle ce Dieu, inconnu de nous, dont la souveraineté est celle de l’amour. Un amour inconditionnel qui met sa propre vie au service de l’homme, jusqu’à lui donner sa vie.
En lavant les pieds de ses apôtres, le Seigneur bouleverse notre conception humaine : pour nous, le Seigneur est « sublime », le serviteur est « infime ». Or, Jésus présente le Seigneur comme serviteur. Il révèle ainsi comme « sublime » ce que nous considérons comme infime.

Un geste d’hospitalité et d’accueil

En troisième et dernier lieu, le lavement des pieds est un geste d’hospitalité et d’accueil, réservé à l’esclave non juif. Mais c’est aussi le geste d’intimité de l’épouse vers l’époux et de révérence des fils vers le père.
Cette hospitalité et cet accueil, cette intimité et révérence envers nous, sont les caractéristiques propres du Seigneur et Maître : non un patron, mais un qui sert par amour.
La qualité la plus profonde de l’amour est l’humilité de mettre sa propre vie au service de l’autre.

C’est donc l’humilité qui révèle le divin. Aucun autre chemin ne s’offre à nous en dehors de celui de l’humilité. Si nous voulons voir et agir à la manière de Dieu – pour qui la petitesse est grandeur et la grandeur petitesse – nous devons suivre ce chemin.
Et si le divin Maître et Seigneur ne saisit pas les pieds de l’homme pour les guérir, celui-ci est livré à sa propre errance.

Ainsi, pour nous, disciples du Christ, laver les pieds du prochain devient un signe. C’est le signe de notre ressemblance à Dieu, dont la grandeur se révèle dans l’humilité. C’est le signe d’accueil et d’hospitalité. Et c’est surtout le signe de notre désir de voir l’autre emprunter enfin le chemin qui conduit à Dieu, le chemin qui conduit à l’amour.

                                                           P Adolphe KASSIFA, SDB

lavement des pieds, signe d'humilité de Jésus
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