LE DÉTACHEMENT MATÉRIEL, UN CHEMIN VERS LE CIEL
Dans notre société, la consommation et le confort sont devenus des références. Parler de détachement matériel semble à contre-courant. Pourtant, le Pape saint Jean-Paul II mettait en garde : « L’affluence des biens matériels, le soin excessif de soi-même risquent parfois d’obscurcir la voix intérieure de Dieu » (Discours, 21.09.2003). Comment alors garder une alliance solide avec Dieu et vivre une vie plus libre et sereine ? Comment adopter le détachement matériel au quotidien ?

Le détachement matériel, une porte vers le Royaume des Cieux
Aujourd’hui, l’accumulation des biens matériels et la recherche du bien-être dominent les aspirations humaines. Pourtant, le Christ enseigne un autre chemin. « Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu », dit-il. Sa propre vie, de la pauvreté de la crèche au dépouillement total de la Croix, nous invite à la confiance en Dieu et au partage.
Se libérer de l’attachement aux richesses permet de mieux voir la souffrance des autres et de développer un regard humble sur le monde. Loin d’être un simple renoncement, le détachement est une ouverture à une vie pleine de sens. En choisissant de ne pas être esclave des biens matériels, l’homme s’approche de Dieu et trouve un bonheur profond et authentique. « Seigneur, toi qui nous as faits pour toi et que notre âme est sans repos tant qu’il ne demeure en toi »[1], arrache-nous à nous-même et de tout ce qui nous éloigne de toi.
[1] Cf. Saint Augustin, Extrait des Confessions, Livre I et (IVE-VE SIECLES)
Recevoir avec gratitude, un pas vers la liberté
Celui qui reconnaît sa pauvreté spirituelle accueille chaque instant et chaque bien comme un don. « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux », Mt 5 :3 Ce bonheur ne dépend pas de la possession, mais de la foi et de la confiance en la providence divine.
Il est à noter que les religieux, par leur vœu de pauvreté, incarnent cet appel à chercher l’essentiel. Il ne s’agit pas de rejeter le monde, mais de remettre les priorités à leur juste place. Comme l’exprime si bien le Psaume 130 : « Seigneur, je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grand dessein, ni merveilles qui me dépassent. »
Enfin, adopter une posture de gratitude et de sobriété, c’est avancer vers une vie plus harmonieuse. Ce chemin de dépouillement matériel ouvre à la vraie richesse : celle de l’amour, de la paix intérieure et de la présence de Dieu.
Par ailleurs, ce chemin de détachement, St Jean Bosco l’a adopté pendant son parcours et durant toute sa vie. Un héritage que tous les Salésiens de Don Bosco ne cesse de perpétuer au milieu des tendances du monde.
P. Daniel KETEKOUA, Sdb


